Almanach

La Soupe du Saint Esprit à La Croix-sur-Roudoule 

La tradition de la Pentecôte au village de la Croix a traversé le temps et persiste de nos jours. Jadis les deux plus jeunes couples de l'année collectaient auprès de la population le blé qui servait à pétrir les fougasses et le pain. Les fougasses après avoir été bénies étaient pendant la messe distribuées en portions aux fidèles à la communion.

Parallèlement « les Novis » de l'année fournissaient les éléments nécessaires à la confection d'une soupe, faite de haricot, de riz et d'huile d'olive. Cette soupe cuite dans un chaudron de cuivre donnait lieu à tout un cérémonial qui conduisait la population en procession au « Saint-Esprit » où avait lieu la bénédiction des pains et de la soupe avant d'êtres distribués à l'assistance.Après les vêpres dans l'après-midi les mariés cherchaient les successeurs pour l'année suivante.

De nos jours, le village de La Croix-sur-Roudoule perpétue cette tradition. Pendant les festivités  le four communa est allumé et  toutes les cuisinères profitent de l'occasion pour préparer viandes, farcis, pissaladière, pizzas, tartes à la confiture, tartes au miel et aux noix, tourtes de blettes…

 
 
 

Hellébore fétide

Hellébore fétide
Usage:

Son nom est issu du grec "heleïn" : faire mourir et "bora": nourriture. L'hellébore (ou ellébore) dégage une odeur fort désagréable. A cause de ses fleurs verdâtres parfois bordées de rouge, on pourrait penser qu'il s'agit d'une euphorbe. Tout comme de nombreuses renonculacées, c'est une plante vénéneuse : 250 gr d'hellébore fraîche tue un cheval. Elle fut autrefois utilisée pour soigner les maladies nerveuses ou la folie ; ainsi le lièvre de La Fontaine conseilla à la tortue de s'en purger de quatre grains...

 

Plusieurs de nos interlocuteurs évoquent cette plante très toxique pour guérir les morsures de vipères dont sont victimes plus particulièrement les animaux. Selon certains d’entre eux, cette empoisonneuse fait office de contrepoison.

M. G à la Croix-sur-Roudoule, se souvient que la plante « femelle » que l’on nomme « mâle » en gavot était écrasée entre deux pierres et posée en emplâtre sur la morsure. Une autre personne mentionne qu’elle était pilée dans un mortier pour en faire une pommade. Mme G. dans le Val d’Entraunes, précise que c’était la tige qui était broyée.

 

Pour prévenir, plutôt que guérir, le grand-père de M. Cossa à Beuil plaçait des bouquets d’hellébore dans les étables afin de faire fuir les serpents.  Quoiqu’il en soit, la plante n’est pas appréciée et parfois arrachée. A Sauze, M. A. l’évoque comme une plante agressive et recommande de ne pas faire la sieste dessus.

 

Elle est connue pour « tirer le mal ». Dans la Tinée, on cite l’emploi d’une tige d’hellébore taillée placée dans l’oreille d’une chèvre (1). Mme G. évoque un principe similaire pour soigner un cochon malade refusant de manger. Son père avait ainsi pratiqué une incision derrière l’oreille et avait glissé sous la peau une tige de « macistre » faisant ce que l’on appelle  un « cedoun », destiné à  « tirer le mauvais le sang ». Et c’est ainsi que la bête a été sauvée. Plus crédible, M. P., dans la Tinée, se souvient qu’on pointait la tige dans la bouche d’une brebis ou d’une vache atteinte d’indigestion pour provoquer du fait de son « goût infernal » un renvoi salvateur.

 

L’hellébore est mentionnée par M. Mario à la Bolline-Valdeblore en 1982 pour avoir contribué à la guérison d’une sciatique suite à l’application d’un cataplasme de boutons d’hellébore et de boutons d’or sous les talons. Le remède, formant une boule aqueuse séreuse et jaunâtre sous les talons fut très douloureux, car pendant huit jours son père dû cesser de travailler. Mais selon ses propos, il reprit le travail et n’eut plus jamais mal. (2)

 

Dans le potager, elle est employée pour protéger les graines de courge des insectes et autres prédateurs comme l’évoque Mme B. dans la Tinée.  L’association du Musée Stéphanois la mentionne par contre comme engrais destiné à fumer les courges.

 

En apiculture, Mme B. la  cite comme désinfectant pour nettoyer les ruches.

 

(1) COUPLAN François, enquête ethnobotanique, 1982

(1) Association du Musée Stéphanois, 1999

 

 

Nom français: Hellébore fétide
Nom dialectal: Macistre (lou) [macistré] (St-Etienne-de-Tinée, Saint-Sauveur) - Machistré (Roudoule) - cistre (Bouchanières)
Nom latin: Helleborus foetidus L.
Famille: Renonculacées