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La Soupe du Saint Esprit à La Croix-sur-Roudoule 

La tradition de la Pentecôte au village de la Croix a traversé le temps et persiste de nos jours. Jadis les deux plus jeunes couples de l'année collectaient auprès de la population le blé qui servait à pétrir les fougasses et le pain. Les fougasses après avoir été bénies étaient pendant la messe distribuées en portions aux fidèles à la communion.

Parallèlement « les Novis » de l'année fournissaient les éléments nécessaires à la confection d'une soupe, faite de haricot, de riz et d'huile d'olive. Cette soupe cuite dans un chaudron de cuivre donnait lieu à tout un cérémonial qui conduisait la population en procession au « Saint-Esprit » où avait lieu la bénédiction des pains et de la soupe avant d'êtres distribués à l'assistance.Après les vêpres dans l'après-midi les mariés cherchaient les successeurs pour l'année suivante.

De nos jours, le village de La Croix-sur-Roudoule perpétue cette tradition. Pendant les festivités  le four communa est allumé et  toutes les cuisinères profitent de l'occasion pour préparer viandes, farcis, pissaladière, pizzas, tartes à la confiture, tartes au miel et aux noix, tourtes de blettes…

 
 
 

Houe dentée - Magau

Houe dentée - Magau
Nom dialectal: Magau
Utilisation: les houes s’emploient selon le poids et la forme pour ameublir le sol, pour extraire des pierres ou des légumes, ramasser des matières éparses ou arracher des herbes. Elles sont utilisées en percussion lancée et/ou grattement. L’utilisateur a le dos courbé et les jambes écartées. La houe est saisie à deux mains, soulevée et abaissée vivement avec force. Le travail se fait généralement à reculons. Ce labour à bras, profond, est effectué sur les terres ayant le plus de valeur : celles qui sont irriguées, à l’image des jardins potagers jouxtant les habitations ou ceinturant en terrasses les hameaux des Laves et du Serre. Catherine Llaty mentionne que dans les Alpes Méridionales : ces outils constituaient également les auxiliaires des instruments de labours tractés, permettant soit d’assurer les finitions, comme les labours d’angles et des bordures, soit de compléter le travail comme l’aplanissement du terrain ou l’arrachage des mauvaises herbes » (1). Jean Casimir (2)mentionne dans son enquête agricole dans les Alpes-Maritimes (1937) : qu’autrefois, on sarclait régulièrement le blé, une ou deux fois. Dans le premier cas, l’opération était faite vers le mois de mai et avait surtout pour but la destruction des chardons. Dans le second cas, on faisait un sarclage-binage à la sortie de l’hiver et un sarclage à la main vers le mois de mai ou plus exactement avant la formation de l’épi.» Ces outils s’avèrent indispensables dans les zones où l’araire ne peut-être transportée ou manoeuvrée. Chaque parcelle de terre potentiellement cultivable, compte tenu de la pression démographique et des faibles rendements bénéficiait d’un labour. Outre leurs usages généralistes, ils présentent des particularités. Les dents du «magau», divisent et émiettent le sol, arrachent les racines.

Source:
THOMASSIN Ph.- Pour une approche de l'inventaire du patrimoine mobilier, étude pluridisciplinaire du site de Barels, édition écomusée du Pays de la Roudoule, Puget-Rostang, 2005, p.132-133
notes
(1)LLATY C. – Des labours au battage. La culture des céréales dans les Alpes-mériodionales (XIXe milieu XXe siècle). Pour une analyse ethnologique des variations techniques. Université de Provence, Aix-en-Provence 1999.
(2)CASIMIR J.- Statistique agricole de la France,annexe à l’enquête de 1929. Monographie agricole du département des Alpes-Maritimes, 1937,p.44.

Epoque: 1/3 XXe siècle
Provenance: vallée de la Roudoule, Puget-Rostang
Materiaux: bois (frêne) - acier
Dimensions: H : 70 cm L : 28 cm Lg : 20 cm
Mots clefs: agriculture, labour à bras