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Almanach

Proverbe du 21 juillet

Se plou per San Victor, noun se recoulto de l'or.

S'il pleut à la Saint-Victor, on ne récoltera pas de l'or

 

(La pluie est de nouveau souhaitée lorsque les récoltes sont rentrées et que le niveau des citernes commencent à baisser à la fin du mois de juillet.)

 
 
 

Toupin

Toupin
Nom dialectal: Toupin
Utilisation:

Pour guérir du "coup de soleil" ou du "coup d'air"

Les auteurs régionalistes ont relevé plusieurs variantes pour "enlever le soleil" auprès du malade ou à distance.
La méthode auprès du malade, la plus souvent citée est la suivante :
La guérisseuse pose un torchon sec sur la tête. Elle remplit un verre d’eau et le renverse brusquement en l’appuyant contre le torchon. Au bout d’un moment, "l’eau bout". Des bulles apparaissent dans le verre. Il faut le maintenir en place aussi longtemps que l’eau bout. Si la fièvre n’a pas cessé quand les bulles disparaissent, il ne reste qu’à recommencer ! Paul Canestrier (1) rapporte une autre méthode consistant à placer un verre d’eau sur le front du malade de manière à ce qu’un rayon de soleil traverse l’eau perpendiculairement et ensuite cacher le verre dans le pétrin.
A distance, la guérisseuse "fait lou toupin (haut-Var) ou lou pignatoù (Levens)"
Au lever et au coucher, mettre de l’eau à bouillir dans un"toupin". En attendant, faire sur la petite marmite de céramique des signes de croix appropriés. Réciter 3 ou 5 fois un Pater Noster et la formule (en tenant compte du côté atteint pour le coup d’air) ex : "Fais guérir à X le coup d’air (ou de soleil), (à l’œil droit ) ; que le coup d’air (ou de soleil), s’en aille sur les montagnes et le désert". Quand l’eau bout, la verser rapidement dans une grande assiette, puis poser vite le "toupin" renversé. Si l’eau «remonte » dans le toupin, c’est que le malade a bien le coup d’air ou le coup de soleil et il faudra recommencer l’opération toutes les heures, jusqu’à ce que l’eau "ne remonte plus". André Compan cite une autre recette où des clous rouillés dansent dans l’eau bouillante du toupin (3. A Levens, Anrieta utilisait pour cette opération toujours le même "pignatoù", elle y faisait chauffer jusqu’à ébullition de l’eau avec quelques grains de sel ; lorsque l’eau bouillait, elle posait sur le pot un "sietoù", une petite assiette, toujours la même, fêlée à la longue, mais qu’il ne fallait surtout pas changer. [...] Elle retournait le pot, fermé par l’assiette, le posait ainsi retourné sur la table, et murmurait une incantation après s’être signée trois fois : "soulelh, soulelh, de doun sies vengù, va-t’en ; se sies vengu de Jerusalem, va t’en a Bethleem" (soleil, soleil retourne d’où tu es venu, si tu es venu de Jérusalem, va-t’en à Bethléem). L’eau remontant dans le «"pignatoù"» s’évapore et le malade guérit (4).

source :
THOMASSIN Philippe -"Les guérisseurs", dans se Soigner en Montagne, écomusée du Pays de la Roudoule, Puget-Rostang, 2003.

notes :
(1)Canestrier Paul - manuscrit conservé à la bibliothèque de Cessole
2)"Toupin" ou "pignatoù" : petit pot vernissé, ressemblant à un petit pot à lait, généralement fabriqué à Vallauris.
3)Compan André – Le Comté de Nice – collection peuples et pays de France. Editions Seghers, Paris, 1980.
4)Coumaire Anrieta - La sage-femme Henriette – souvenirs recueillis auprès de ses petites-filles Jeanne Castioni et Rose Roux. Les cahiers de «levens d’un temp e de deman » n°10.

Epoque: 1/3 XXe s.
Provenance: Vallée de la Roudoule
Materiaux: Terre de  Vallauris, glaçure plombifère (blanc-cassé intérieur) (brun-rouge extérieur)
Dimensions: H : 10,6 cm Lg : 11,6 cm D : 8,6 cm
Mots clefs: contenant - boisson - magie