Almanach

23 janvier 1734, naissance de Jean-Pierre Papon, "historiographe de la Provence"

Jean-Pierre Papon voit le jour à Puget-Théniers le 23 janvier 1734. Après ses premières études faites à Nice, puis Turin pour apprendre la philosophie, il rentre dans la congrégation de l’Oratoire à Aix-en-Provence à l’âge de 18 ans en 1752. Il devient enseignant  successivement à Marseille, Riom, Nantes et Lyon…et  c’est durant cette période qu’il rédige  « L’art du poète et de l’orateur » qui sera réédité cinq fois jusqu’en 1811.

En 1780, il remplit avec succès une mission diplomatique à Turin avant d’être nommé conservateur de la bibliothèque de Marseille. Il y achève son œuvre débuté dans les années 1770 : « l'Histoire Générale de Provence » en quatre volumes. La protection qu’il acquiert du Comte de Provence, frère de Louis XVI, lui permet de réaliser de cette somme monumentale et l’un des premiers guide de découverte touristique : le « Voyage littéraire en Provence ». Il quitte l’Oratoire en 1784 et réside à Paris. La Révolution le prive des fruits de ses travaux et des bienfaits qu'il tenait de l'Ancien Régime. Il se réfugie dans le Puy-de-Dôme après les massacres de septembre 1792, et ne revint dans la capitale que du temps du Directoire. Il mettait la dernière main à l'Histoire de la Révolution qui va jusqu'au 18 brumaire (8 novembre), lorsque le 15 janvier 1803 une attaque d'apoplexie l'enlève subitement aux lettres et à ses amis.  Cet ouvrage sera publié par son frère Sylvestre-Antoine également oratorien auquel on doit le « Voyage dans les Alpes-Maritimes » publié en 1804.

 
 
 

ARTISANAT 

La distillation de la lavande

 

Sur les terrains communaux, la lavande fait l’objet d’adjudications que remportent les distillateurs locaux Distillation de la lavande, Puget-Rostangou plus souvent les parfumeurs de Grasse ou leurs représentants, garants de bonne et solvable caution. A Belvédère c’est la parfumerie grassoise de Roure, fondée en 1820, qui a coutume de participer à la mise à ferme.

La récolte est faite à la faucille, avec défense d’arracher les plantes. Le fermier doit employer des ouvriers de la localité. Les secteurs reboisés sont préservés. La coupe de la lavande dans ces zones doit être confiée à des adultes. L’atelier de distillation doit être toujours placé à une centaine de mètres de distance de la forêt et seuls les bois morts gisants, impropres au commerce ou à l’industrie peuvent être utilisés comme combustible.

En général, 120 kg à 150 kg de lavande sont entassés dans le vase de l'alambic avec 60 à 100 litres d'eau. On chauffe l'eau qui, transformée en vapeur, traverse cette matière végétale entraînant les huiles essentielles qu'elle contient.
Le mélange vapeur d'eau-huile essentielle s'échappe par le col de cygne reliant le vase à un serpentin qui est installé dans un vase réfrigérant rempli d'eau froide.
Les nombreuses spires du serpentin permettent d'avoir une surface de contact maximum. A l'intérieur, le mélange se condense en refroidissant et retourne à l'état liquide.
On le recueille dans l'essencier, à la sortie du réfrigérant. L'essence, plus légère que l'eau, s'en sépare spontanément et remonte à la surface. On obtient ainsi 1/2 litre à un litre d'essence par charge.

Chaque année, au début du mois d'août, Roudoule, écomusée en terre gavotte perpétue le savoir-faire de la distillation de la lavande sur son site de la ferme de Bertrik et propose de l’huile essentielle à la vente.

La fabrication des chambisCharles Aillaud, fabricant des chambis à Sain-Léger

On utilise le cytise pour la fabrication des "chambis" :  le collier qui sert à supporter les sonnailles des brebis.

Le bois est débité en planches à la hachette puis repris avec une plane. Les planchettes sont mises à tremper dans un récipient contenant de l'eau en ébullition. Elles y restent une vingtaine de minutes. Sous l'action conjuguée de l'eau et de la chaleur, le cytise se ramollit. La forme en "U" évasée est donnée en pliant la planchette sur le genou, protégé par une vieille couverture. On place la forme dans un système ingénieux qui permet à la fois de cintrer le bois et de le maintenir en forme. Au moyen d'une clé de fabrication artisanale, on recourbe les deux extrémités de la planchette pour former les ailes. La forme ainsi obtenue est maintenue par des taquets plantés sur un morceau de poutre. Une semaine de séchage sera nécessaire pour achever le travail.

La forme en "U" plus facile à réaliser était préférée par les anciens. Les ailes plus ostentatoires semblent avoir été introduites plus récemment par les bergers transhumant de Provence.