Almanach

20 mai 1916 : Apparition de la Dame Blanche à La Croix 

Depuis 15 jours, il n'est bruit, dans toute la vallée du Var, que des mystérieuses apparitions et révélations survenues à La Croix, et, de toutes parts, des groupes se rendent à la tombée de la nuit au champ des visions. Le samedi 20 mai, deux fillettes de l'Assistance, gardaient leurs chèvres à l'entrée du village, quand elles aperçurent, au-dessus d'un olivier voisin, entourée d'un nuage lumineux, une magnifique Dame blanche, qui descendait à terre et, après un instant, s'évanouit dans une nuée d'or. A maintes reprises, les enfants revirent la Dame. Elles rapportèrent l'événement et on les traita de folles. On leur conseilla cependant de demander à la Dame son nom. A la prochaine vision, les voyantes lièrent conversation avec la mystérieuse inconnue qui leur dit en les quittant : "Revenez me voir tous les soirs, jusqu'à la fin du mois, nous causerons, puis je vous dirai mon nom".

Des curieux assistèrent à ces premiers colloques. Les voyantes interrogèrent la Dame sur l'avenir, l'issue de la guerre et le sort des soldats disparus et obtinrent de surprenantes réponses dont plusieurs se trouvèrent, quelques jours après, confirmées par la réalité.
Le soldat X. n'avait plus donné signe de vie depuis le 1er déc.1915. Le 25 mai, la Dame répond : "Il ne tardera pas à écrire". Le 29 mai, la famille recevait du militaire une carte datée du 25 mai au soir. On était sans nouvelles depuis le 1er avril 1916 du soldat Y.. La Dame répond, le 25 mai : "Il ne tardera pas à venir en permission". Ce soldat est arrivé, de fait, permissionnaire le 30 mai, sans s'être annoncé.

La Dame blanche a répondu sur plus de 60 cas. L'on comprend que l'événement ait fait sensation. Aussi, tous les soirs, c'était un concours inouï à La Croix. La foule se rendait à 7h30 au champ des visions et, pendant une heure, écoutait les oracles. Mardi soir, 30 mai, fixé par la Dame pour la révélation de son nom, plus de 500 personnes assistaient au colloque et, le mercredi 31 mai, la foule était innombrable… On s'attendait à quelque prodige…Mais… M. le Sous-Préfet, fit clore brusquement la séance…Déjà, M. l'Inspecteur des Enfants assistés avait fait enlever de force et emmener à Puget-Théniers, l'aînée des voyantes, le dimanche 28 mai. Le jeudi 1er juin, au matin, on enleva brusquement la plus jeune, à l'heure fixée par la Dame blanche pour la réalisation d'un prodige. Il y a des gens qui craignent la lumière… "

Au "Champ des visions" - L'éclaireur de Nice, dimanche 4 juin 1916

 
 
 

ARTISANAT 

La distillation de la lavande

 

Sur les terrains communaux, la lavande fait l’objet d’adjudications que remportent les distillateurs locaux Distillation de la lavande, Puget-Rostangou plus souvent les parfumeurs de Grasse ou leurs représentants, garants de bonne et solvable caution. A Belvédère c’est la parfumerie grassoise de Roure, fondée en 1820, qui a coutume de participer à la mise à ferme.

La récolte est faite à la faucille, avec défense d’arracher les plantes. Le fermier doit employer des ouvriers de la localité. Les secteurs reboisés sont préservés. La coupe de la lavande dans ces zones doit être confiée à des adultes. L’atelier de distillation doit être toujours placé à une centaine de mètres de distance de la forêt et seuls les bois morts gisants, impropres au commerce ou à l’industrie peuvent être utilisés comme combustible.

En général, 120 kg à 150 kg de lavande sont entassés dans le vase de l'alambic avec 60 à 100 litres d'eau. On chauffe l'eau qui, transformée en vapeur, traverse cette matière végétale entraînant les huiles essentielles qu'elle contient.
Le mélange vapeur d'eau-huile essentielle s'échappe par le col de cygne reliant le vase à un serpentin qui est installé dans un vase réfrigérant rempli d'eau froide.
Les nombreuses spires du serpentin permettent d'avoir une surface de contact maximum. A l'intérieur, le mélange se condense en refroidissant et retourne à l'état liquide.
On le recueille dans l'essencier, à la sortie du réfrigérant. L'essence, plus légère que l'eau, s'en sépare spontanément et remonte à la surface. On obtient ainsi 1/2 litre à un litre d'essence par charge.

Chaque année, au début du mois d'août, Roudoule, écomusée en terre gavotte perpétue le savoir-faire de la distillation de la lavande sur son site de la ferme de Bertrik et propose de l’huile essentielle à la vente.

La fabrication des chambisCharles Aillaud, fabricant des chambis à Sain-Léger

On utilise le cytise pour la fabrication des "chambis" :  le collier qui sert à supporter les sonnailles des brebis.

Le bois est débité en planches à la hachette puis repris avec une plane. Les planchettes sont mises à tremper dans un récipient contenant de l'eau en ébullition. Elles y restent une vingtaine de minutes. Sous l'action conjuguée de l'eau et de la chaleur, le cytise se ramollit. La forme en "U" évasée est donnée en pliant la planchette sur le genou, protégé par une vieille couverture. On place la forme dans un système ingénieux qui permet à la fois de cintrer le bois et de le maintenir en forme. Au moyen d'une clé de fabrication artisanale, on recourbe les deux extrémités de la planchette pour former les ailes. La forme ainsi obtenue est maintenue par des taquets plantés sur un morceau de poutre. Une semaine de séchage sera nécessaire pour achever le travail.

La forme en "U" plus facile à réaliser était préférée par les anciens. Les ailes plus ostentatoires semblent avoir été introduites plus récemment par les bergers transhumant de Provence.