FOLKLORE

 

Soupe du St Esprit / Faux-Pénitents / Sapeurs de l'Empire

Pèlerinage à Saint-Jean du Désert (Saint-Jean - Entrevaux)

Ce lieu de pèlerinage peut correspondre à un lieu de culte antérieur au christianisme car établi  en relation avec une source. La source de Saint Jean du Désert est connue au Moyen-âge pour soigner la gale, les écrouelles et les fièvres. De plus, le vocable de Saint Jean-Baptiste, est généralement associé à la conquête de lieu de culte plus ancien. Ce pèlerinage «aux sources » dans l’austérité du « désert » où le saint s’est retiré, débute la veille du 24 juin. Il fête avec une récupération chrétienne de fêtes païennes : l’eau, en souvenir des Baptêmes pratiqués par le saint et le feu pour honorer la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. 
 
Saint-Jeanniste, Procession à St-Jean du Désert, 2007Bravade, Entrevaux, début XXe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La garde du saint, qui assure son transport et qui lui rend hommage est assurée par la confrérie des Saint-Jeannistes. Celle-ci aurait été fondée au XVe siècle alors que sévissait le fléau de la peste.  Si seuls les entrevalais peuvent être Saint Jeannistes, les porteurs de la statue étaient à l’origine étrangers (originaire de Colmars, Allos, Saint Julien, Demandolx par droit acquis de temps immémorial en vertu de riches offrandes faites au sanctuaire par leurs ancêtres). Les gens d’Ubraye, de Briançonnet, de Villevieille, de Montblanc tout proche y participent également. L’affluence à ce pèlerinage a été renforcée par le fait que de nombreux papes ont accordé une indulgence plénière à toute personne qui, le jour de la nativité de Saint Jean Baptiste visitera la chapelle et y priera dans l’intention de la paix et de la prospérité de l’église.

 

La soupe du "Saint-Esprit" (Pentecôte - La Croix-sur-Roudoule)

André Glanis préparant la Soupe du Saint-Esprit, La CroixLa tradition de la Pentecôte au village de La Croix a traversé le temps et persiste de nos jours. Jadis les deux plus jeunes couples de l'année collectaient auprès de la population le blé qui servait à pétrir les fougasses et le pain. Les fougasses après avoir été bénies étaient pendant la messe distribuées en portions aux fidèles à la communion.

Parallèlement « les Novis » de l'année fournissaient les éléments nécessaires à la confection d'une soupe, faite de haricots, de riz et d'huile d'olive. Cette soupe cuite dans un chaudron de cuivre donnait lieu à tout un cérémonial qui conduisait la population en procession au « Saint-Esprit » où avait lieu la bénédiction des pains et de la soupe avant d'être distribués à l'assistance. Après les vêpres dans l'après-midi les mariés cherchaient les successeurs pour l'année suivante.

De nos jours, le village de La Croix-sur-Roudoule perpétue cette tradition. Pendant les festivités, le four communal est allumé et toutes les cuisinères profitent de l'occasion pour préparer viandes, farcis, pissaladière, pizzas, tartes à la confiture, tartes au miel et aux noix, tourtes de blettes…

 

Le défilé des faux-pénitents  (Mercredi des  cendres - Puget-Théniers)

Les « Carêmentrans » qui  inaugurent le déut du carême se désignent comme « Pénitents ». Leur défilé est une parodie carnavalesque des processions religieuses des confréries de Pénitents. Il se déroule le soir du mercredi des Cendres.

A la tête de cette troupe, un évêque burlesque, distribue de solennelles bénédictions tout en aspergeant les spectateurs.

Cette  figure « emblématique et satirique » est née juste après le Front Populaire. Elle avait pour but de pousser la dérision en espérant scandaliser les catholiques. En 1937, le costume d’évêque fut loué à Nice. La parodie fut une réussite pour ceux que l’on nommait les « gros rouge » et parfaitement outrageante pour les « cathos » qui ne supportèrent pas que des scènes à caractère scatologique se déroulèrent devant la porte de l’église paroissiale.

De nos jours, cette cérémonie se déroule dans la joie et la bonne humeur. Elle manifeste l’attachement au terroir, l’amour des traditions.

 

Le défilé des Sapeurs de l'Empire  le 15 août (Guillaumes)

La célébration de l’Assomption, le 15 Août, donne  lieu à une grande procession à partir de l’église jusqu’à la Chapelle des Pénitents blancs, Notre-Dame du Buyei. En 1713, Quatre hommes portaient sur un brancard posé sur leurs épaules, la statue de la Sainte Vierge. Prêtres et fidèles suivaient en chantant des cantiques. Un certain aspect militaire était donné à cette fête par la présence d’une troupe de « bravadeurs » armés de mousquets qu’ils utilisaient pour tirer des salves. Cette coutume coûtait assez cher à la commune, 45 livres cette année là et l’on était pas à l’abri des incidents. 12 livres à F. Matthy pour un fusil crevé à la bravade et 12 livres 3 sols au serrurier L. Raybaud pour avoir accomodé les fusils de la communauté et ceux des particuliers pour la bravade.

Par la suite, la compagnie des bravadiers fut complétée par un piquet d’honneur de huit hommes portant l’uniforme des sapeurs du premier Empire. Ces soldats, originaires du village, firent le vœu, selon la légende, lors de la campagne de Russie en 1814, de rendre honneur à la Vierge, le jour de son Assomption, s’ils revenaient vivants. Le choix du jour de l’Assomption de la Vierge, le 15 août,  n’est pas un hasard. Louis XIII, fit de la Vierge Marie, la patronne de France, et ce jour correspond à la saint Napoléon.

Sapeurs de l'Empire, début XXe siècleSapeurs de l'Empire, Guillaumes, c T.Rosso LASMIC