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Ail

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Usage: Sans évoquer les multiples possibilités pour accommoder l’ail en cuisine, dont l’aïoli et "l’aigo boulido" pour les recettes locales, nous aborderons les vertus médicales du tubercule.

Plusieurs méthodes sont exposées pour guérir les vers (oxyures) des enfants. Nombreux sont ceux qui citent le collier de gousses d’ail passé autour du cou. Paul Canestrier mentionne les caïeux frottés sur une assiette ensuite appliquée au creux de l’estomac pour lutter contre le mal de ventre provoqué par les vers. Les gousses peuvent être également appliquées sur le nez et les tempes. L’ail peut être consommé en cure sous la forme d’une soupe, "l’aigo boulido", ou bien les caïeux frais peuvent être écrasés et tartinés sur du pain (1). M. G. dans le Val d’Entraunes raconte que sa mère lui faisait un vermifuge composé d’ail, d’huile d’olive et un peu de sucre. Le dernier ingrédient étant selon lui pour faciliter l’absorption.

La méthode traditionnelle demeure cependant "l’escudet". L’emplâtre maintenu sur le ventre par un bandage circulaire est composé d’eau-de-vie, d’ail pilé, d’encens et de moutarde. Il est enfermé dans un tissu fin ou enrobé de bourre du chanvre. Lorsqu'il se détache de la peau, après 24 heures, les vers sont théoriquement tués. Paul Raybaut explique que l'eau-de-vie et la moutarde provoquent une agression de la peau, permettant à l'essence de l'ail d'utiliser les veines ombilicales (non complètement annihilées chez l'enfant) pour arriver au tube digestif, siège des oxyures (2).

Une dent douloureuse peut être soignée en apposant un emplâtre. Comme l’évoque Paul Canestrier : "Pour soulager le mal de dent, on demandait à une femme âgée détentrice du secret de faire des séries interminables de croix sur la joue endolorie avec un grain de gros sel, une alliance en or et une pièce d’argent, en prononçant des formules secrètes. Puis on plaçait sur la tempe droite un cautère de limaçons pilés avec de l’ail et peu de farine ; le tout retenu par une rondelle de papier bleu de la dimension d’un écu.(3) "

A Roure, on employait un emplâtre à base de l’ail qui était déposé sur la dent malade pendant la nuit, en prenant soin bien entendu de ne pas l’avaler ! (4)

M. D., à Guillaumes, raconte que l’on frottait les cors aux pieds avec des gousses d’ail avant de placer en cataplasme des feuilles de lierre.

Dans la Vésubie, M. G. précise que l’on avait coutume de penser que l’ail était très bon pour la circulation du sang.

(1)LIPSKIER Peggy, Etude la médecine traditionnelle dans les vallées de la Tinée et de la Vésubie, Faculté de Pharmacie de Marseille, Marseille, 1983.
(2)RAYBAUT Paul,"Croyances et réalités à propos de quelques pratiques de médecines populaires", dans Mentalités, sorcellerie, coutumes de Provence et du Comté de Nice, Association Historique du Pays de Grasse/ tac Motifs, Grasse, 1994.
(3)CANESTRIER Paul - Notes  manuscrites, Bibliothèque de Cessole,Nice, s.d.
(4)CLAPIER-VALLADON & CLAPIER Victor, "La mentalité paysanne face à la maladie l'exemple d'un village de la vallée de la Tinée : Roure ", dans Mentalités, sorcellerie, coutumes de Provence et du Comté de Nice, ed. Association Historique du Pays de Grasse/ tac Motifs, Grasse, 1994, p.135.

Nom français: Ail
Nom dialectal: l'alhet (l')[l aj'e] (Entraunes-Revest) - aié (l') (Vésubie)
Nom latin: Allium sativum
Famille: Alliacées (Amaryllidaceae)